Le dhikr apparent et caché

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Le dhikr apparent et caché

Message par Malikite le Lun 01 Sep 2008, 19:13

Le dhikr apparent et caché.



Bismi-l-lâhi-r-Rahmâni-r-Rahîm.

Louange à Allâh par Sa Propre Louange, autant de fois que les litanies accomplies par toutes ses créatures, passées, présentes et à venir, connues ou inconnues. Que la grâce et la paix soient sur notre maître Muhammad ainsi que sur sa famille et ses compagnons, autant de fois que le mentionnent ceux qui se rappellent et que l’omettent les négligents.

Allâh (subhânahu wa ta`ala) a dit dans le Qur-ân al-Karîm :

« Mentionnez-Moi, Je vous mentionnerai. Soyez reconnaissants et ne vous montrez pas ingrats envers Moi. » (2, 152)

Il (subhânahu wa ta`ala) a lié la mention (adh-dhikr) et la reconnaissance.

« En vérité, la prière (salât) préserve de la turpitude et du blâmable. Le rappel d'Allâh (dhikru-l-lâh) est certes ce qu'il y a de plus grand. » (29, 45)

Le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) a dit à ce propos :

« Celui qui mentionne son Seigneur et celui qui s’abstient de le faire ressemblent respectivement à un vivant et à un mort. » (Rapporté par al-Bukhârî)

Notre maître, le Traditionniste et Juriste Shâfi`î, l’Imâm An-Nawawî (qu’Allâh l’agrée) s’exprime ainsi à propos du dhikr dans son ouvrage Kitâb al-Adhkâr :

« Le dhikr (mention ou évocation d’Allâh) se pratique soit dans le cœur, soit avec la langue. Mais le meilleur dhikr est celui qui est pratiqué par l’un et par l’autre à la fois. Toute fois, si l’on doit se limiter à l’un des deux, le dhikr du cœur semble être le meilleur. Il importe pour le fidèle de ne pas délaisser le dhikr par la langue en se contentant de celui du cœur de peur d’être taxé d’ostentation, le mieux étant de pratiquer le dhikr avec le cœur comme avec la langue en recherchant uniquement l’agrément d’Allâh (subhânahu wa ta`ala). Nous avons déjà cité ces paroles de Fudayl ibn Iyâdh (qu’Allâh lui fasse miséricorde) :

‘Abandonner les œuvres par crainte (litt : à cause) des gens relève de l’ostentation.’

Car si l’homme se préoccupe des remarques d’autrui et s’ingénie à éviter leurs vaines suspicions, il ferme devant lui toutes les portes du bien et se prive de nombre de moyens importants (pour plaire à Allâh ta`ala) ; or, ceci n’est pas la voie des gens de la connaissance. »

Dans le même état d’esprit, notre maître, l’Imâm Ibn `Atâ Allâh al-Iskandarî (qu’Allâh l’agrée) a dit dans ses Sagesses (al-Hikâm) :

« N'abandonne pas le rappel (dhikr) pour la raison que pendant que ta langue mentionne Allâh ton coeur n'est pas présent. En effet, plus grave serait l'absence complète de la mention d’Allâh que Sa mention sans participation du coeur. »


L’Imâm an-Nawawî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) rappelle, plus loin dans l’ouvrage précité :

« Sache que la vertu du dhikr ne se limite pas à répéter subhân Allâh, ni lâ ilâha illa-l-lâh, ni al-hamdu lillâh, ni Allâhu Akbar, etc. car tout fidèle qui œuvre dans l’obéissance d’Allâh (subhânahu wa ta`ala) pratique déjà le dhikr. C’est ce qu’affirme Sa`îd ibn Jubayr (qu’Allâh l’agrée) et bien d’autres savants. De son côté, `Atâ (qu’Allâh lui fasse miséricorde) précisait :

‘Les séances de dhikr sont celles où l’on apprend à distinguer le licite de l’illicite, et où l’on apprend comment effectuer des transactions commerciales, jeûner, se marier, divorcer ou effectuer le pèlerinage, etc.’

Un verset coranique enseigne : « Certes, ceux qui sont soumis à Allâh et celles qui lui sont soumises, les croyants et les croyantes, les hommes pieux et les femmes pieuses,
les hommes sincères et les femmes sincères, les hommes patients et les femmes patientes,
les hommes et les femmes qui craignent Allâh, les hommes et les femmes qui font l’aumône,
les hommes et les femmes qui jeûnent, les hommes et les femmes chastes, les hommes et les femmes qui mentionnent fréquemment Allâh : voilà ceux auxquels Allâh a préparé un pardon et une récompense sans limite. » (33, 35)

Nous avons trouvé ces propos de l’Envoyé d’Allâh (sallallâhu `alayhi wa sallam) dans le recueil de Muslim, propos [qui nous ont été] transmis par Abû Hurayrah (qu’Allâh l’agrée) :

Les Solitaires (al-Mufarridûn), vous ont précédés. Les gens lui demandèrent : Ô Envoyé d’Allâh, et qui sont ces solitaires ? Ce sont ceux, hommes et femmes, qui mentionnent Allâh fréquemment. »

Fin de citation.

Concernant le dhikr de la langue, l’Imâm, qui est une référence sûre en matière de Jurisprudence (Fiqh) énonce la règle suivante :

« Sache que les adhkâr (plur. de dhikr) prescrits pendant la prière ou en dehors d’elle, qu’ils soient obligatoires ou simplement recommandés, ne sont valables que si le fidèle les articule nettement et suffisamment fort pour s’entendre les prononcer, si toutefois son ouïe est bonne. »

Fin de citation.

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Re: Le dhikr apparent et caché

Message par Malikite le Lun 01 Sep 2008, 19:15

On rapporte que le Prophète (sallallâhu `alayhi wa sallam) a dit :

« Le dhikr silencieux (dhikr al-khafî) qui n’est pas entendu par les anges est récompensé soixante dix fois plus. » (Rapporté par al-Bayhaqî)

« Le meilleur dhikr est la dhikr silencieux (ou caché), et la meilleure somme d’argent est celle qui est suffisante. » (Rapporté par Ahmad, Ibn Hibban et al-Bayhaqî)

L’Imâm an-Nawawî (qu’Allâh lui fasse miséricorde) affirme cependant que ce récit n’est pas fermement établi.

On a interrogé ainsi le Maître de la Tribu spirituelle (As-Sayyîd at-Ta-îfa), Abû-l-Qasîm al-Junayd ibn Muhammad (qu’Allâh l’agrée) :

« Que peux tu me dire - puisse Allâh être généreux avec toi – sur ce l’évocation intérieure (adh-dhikr al-khafî), sur ce que les anges ‘qui conservent’ (ndT : qui notent les actes, al-Hafadha) ne connaissent pas, et comment se fait-il que l’œuvre accomplie dans l’intimité vaille soixante-dix fois plus que l’œuvre accomplie publiquement ?

Al-Junayd lui répondit ceci :

Qu’Allâh nous apporte son concours, à vous et à moi, dans les œuvres qui sont les plus droites et qui nous rapprochent le plus de Lui, qu’Il nous fasse agir de la façon qui Lui agrée et qui Lui plaise le plus, et qu’Il les scelle par un bienfait pour nous !

En ce qui concerne l’évocation intérieure, dont la connaissance est le privilège d’Allâh Seul, il s’agit des sentiments vrais du cœur et de ce qui reste caché au fond de la conscience, et qui ne s’exprime pas par les mouvements de la langue et des membres. Il en va ainsi de la crainte révérencielle d’Allâh (hayba), du sentiment de Sa Grandeur, de la vénération à Son Egard, ainsi que de la peur d’Allâh éprouvée véritablement. Tout cela se passe entre le serviteur et son Seigneur, et nul ne le sait sinon Celui qui connaît ce qui est caché, comme l’indique Sa Parole :

‘Il sait ce que renferme leur poitrine et ce qu’ils expriment ouvertement.’ (27, 74)

Parmi d’autres choses semblables dont Allâh (ta`ala) Se glorifie car l’attribution n’en revient qu’à Lui Seul (subhânahu wa ta`ala).

Quant à ce que connaissent les anges qui conservent et dont ils sont chargés, il s’agit de ce qui est mentionné dans Sa Parole :

‘[L’homme] ne profère aucune parole sans qu’il n’y ait auprès de lui un observateur préposé (pour être présent à ses côtés).’ (50, 18)

Et dans celle-ci :

‘(Des anges) nobles qui écrivent, et qui savent ce que vous faites.’ (82, 11-12)

Voilà ce dont sont chargés les anges ‘qui conservent’ : ils gardent ce que l’homme profère et manifeste à l’aide de sa langue, ainsi que ce que l’on exprime ouvertement et ce que l’on fait, c’est-à-dire ce qui extériorise la démarche intérieure de l’homme (sa`î). Mais ce que le cœur conçoit, et que les membres ne font pas apparaître, ainsi que les sentiments profonds et véritables, est l’affaire de la Science divine. Il en va ainsi de tous les actes conçus dans le cœur et qui ne sortent pas de la conscience, et Allâh est seul à savoir ce qu’il en est. »

Fin de citation.

Parmi les pratiques qui relèvent du dhikr intérieur, il y a la méditation (al-fikr). L’Imâm Hujjâtu-l-Islâm al-Ghazâlî (qu’Allâh l’agrée) s’exprime ainsi sur le sujet dans son chef d’œuvre al-Ihyâ al-`Ulûmu-d-Dîn (la Revivification des Sciences de la Religion) :

« Sciences, états (ahwâl) et œuvres sont le fruit de la méditation (fikr), mais seule la science constitue son rapport particulier. Il va de soi que lorsque la science se dépose dans le cœur, l’état de ce dernier en est transformé et, conséquemment, les actes qu’effectuent les membres (jawârih). L’œuvre est donc tributaire de l’état, l’état de la science et celle-ci de la méditation.

La méditation est donc l’origine, la clé de tous les biens. C’est cela qui te dévoile son mérite et sa supériorité sur le rappel (dhikr) parce qu’elle est rappel et davantage. Le rappel par le cœur est meilleur que celui qui procède des membres. Qui plus est, la noblesse de l’acte procède du rappel qu’il recèle. La méditation est donc de l’ensemble des actes, le meilleur. C’est pourquoi a-t-il été dit :

‘Méditer une heure est meilleur que se consacrer à l’adoration pendant une année.’

Il a aussi été dit :

‘C’est la méditation qui transporte l’individu des choses blâmables à celles désirables, du désir et de la cupidité à l’ascétisme et au contentement.’

Il a été dit également :

‘C’est la méditation qui engendre visibilité (mushâhada) et piété. C’est pourquoi le Très-Haut a dit : Peut-être craindront-ils ou éveillera-t-il en eux quelque souvenance.’ (20, 113)

Si tu veux saisir comment la méditation transforme l’état (hâl), regarde l’exemple de la vie dernière déjà sollicité par nous. Par la méditation, nous savons que la vie dernière est préférable. Si cette connaissance vient à s’ancrer dans les cœurs, ceux-ci aspireront à la vie dernière et au renoncement (zuhd) au monde immédiat. C’est ce que nous entendons par « état » ; le cœur, avant de s’imprégner de cette connaissance, est dans un état tel qu’il aime le monde d’ici-bas et penche pour lui, se détournant de la vie dernière et n’y portant que peu d’intérêt. »

Fin de citation.

Parmi les sujets de méditation qu’il propose en guise d’exemples :

-Les qualités de l’âme (celles qui mènent à son salut ou à sa perte) et des actes.
-La création de l’Homme (sa constitution physique et morale)
-La création de la terre et ce qui s’y trouve.
-La création de ce qui se trouve entre la terre et le ciel.
-La création des cieux.

Liste à laquelle on peut ajouter la mort. Il convient de s’aider pour cela par la lecture du Qur-ân et du Hadîth.

Concluons par la meilleure forme de dhikr intérieure. Notre maître, le Shaykh, Sayyidî Abû-l-`Abbâs Ahmad at-Tijânî (qu’Allâh sanctifie son âme) a dit :

« Le meilleur des rappels (adhkâr), est le rappel (dhikr) de la part du serviteur des obligations de Son Seigneur et de Ses interdictions. »

On a aussi dit :

« Le meilleur rappel (dhikr) c’est de se souvenir d’Allâh au moment de la désobéissance. »

Suivra une série de sujets sur les formes de dhikr et leurs significations.

http://www.aslama.com/forums/showthread.php?t=16671&highlight=DIKHR

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