De la naissance à la prophétie (part 1)

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De la naissance à la prophétie (part 1)

Message par Iman Dine le Jeu 29 Oct 2009, 13:21





De la naissance à la prophétie



ABDALLAH ET AMINA


‘Abdoul Mouttalib, chef de clan de Qouraish, eut dix fils, tous aussi braves et distingués les uns que les autres ; mais ‘Abdoullah était le plus noble et le plus remarquable d’entre eux.1 ‘Abdoul Mouttalib le maria à Amina, fille de Wahb bin ‘Abdou Mounaf, chef de clan de Bani Zouhra. Amina était, de par ses origines et de par sa stature physique, la femme la plus parfaite de Qouraish à cette époque.2

Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), fils d’Amina, naquit après la mort de son père. Avant sa naissance, Amina avait vu de nombreux signes laissant présager un avenir exceptionnel pour son fils.3

LA NAISSANCE DU PROPHÈTE

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) est né le lundi 12 du mois islamique de Rabi-oul-Awwal 4 dans l’année de l’Éléphant. Certes, ce jour fut celui présentant le meilleur augure dans toute l’histoire de l’humanité.

Ainsi, Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) était le fils de ‘Abdoullah bin ‘Abdoul Mouttalib, bin Hashim, bin ‘Abdoul Mounaf, bin Qousayy, bin Kilab, bin Mourra, bin Ka’b bin Lou’ayy, bin Ghalib, bin Fihr, bin Malik, bin Al-Nadr, bin Kinana, bin Khousayma, bin Moudrika, bin Ilyas, bin Moudar bin Nizar bin Ma’add, bin ‘Adnan.

La lignée de ‘Adnan remonte, selon les généalogistes arabes, à Ismail binIbrahim.1 Après la naissance de Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), Amina envoya quelqu’un en informer son grand-père. Il vint, regarda affectueusement le bébé et l’amena avec lui à la Ka’ba où il loua Allah et pria pour l’enfant. ‘Abdoul Mouttalib lui donna alors le nom de Mohammed, qui signifie « celui qui est loué ». Les Arabes s’étonnèrent de ce prénom 2 si peu familier qu’Abdoul Mouttalib lui avait donné.


LA PÉRIODE D’ALLAITEMENT

Thouwaybah, une esclave appartenant à l’oncle du Prophète, Abou Lahab, l’allaita durant quelques jours seulement, le temps qu’Abdoul Mouttalib trouve une nourrice pour son petit-fils favori. À la Mecque, les gens avaient pour habitude de confier leurs nourrissons aux soins d’une femme de tribu du désert où les enfants grandissaient en plein air plutôt que dans l’atmosphère suffocante de la ville et où ils apprenaient le mode de vie sain des bédouins. C’était l’époque où l’on considérait le langage sobre et naturel des gens du désert comme le plus beau modèle de grâce et d’élégance de la langue arabe. En plus du lait d’une bédouine, l’enfant se nourrissait des paroles de cette langue pure utilisée à travers tout le désert.


Les gens de la tribu de Bani S’ad étaient connus pour l’élégance de leur langue. Halima S’adiya, qui faisait partie de cette tribu, reçut la
responsabilité de prendre sous son aile le précieux bébé. Cette année-là, beaucoup de gens avaient souffert de la famine et Bani S’ad
n’avait pas été épargnée. C’est pourquoi la tribu était venue à la Mecque, à la recherche de bébés à allaiter ; mais aucune femme n’avait voulu prendre avec elle le Messager d’Allah car nulle n’espérait recevoir une rétribution intéressante pour l’allaitement d’un bébé dont
le père était décédé. Elles disaient : « Un orphelin ! Que me donneront sa mère et son grand-père en retour ? ». Au départ, Halima
avait également refusé l’offre d’allaiter le nourrisson mais tout de suite après, elle ressentit un profond désir de le prendre avec elle.
Et comme elle n’avait point trouvé d’autre bébé, elle retourna chercher celui-là avant de rentrer chez elle. Dès qu’elle fut de retour, elle
constata très vite à quel point ce bébé était une bénédiction pour son foyer. Ses seins regorgeaient de lait, le pis de sa chamelle était
toujours plein et ils vivaient dans un bonheur parfait. La rumeur se répandit parmi les femmes de sa tribu ; elles lui disaient : « Halima,
tu as certainement avec toi un enfant béni. ». Et elles commencèrent à l’envier.



Lorsque le bébé eut deux ans, Halima le sevra, car c’était la coutume de rendre les enfants à leur famille à cet âge. De plus, comme le garçon
grandissait plus vite que les autres enfants, il était déjà, à deux ans, très bien développé. Halima ramena donc le Messager d’Allah chez
sa mère, Amina ; mais une fois sur place, elle pria cette dernière de lui laisser l’enfant encore quelque temps puisqu’il lui avait apporté
tant de bonheur. Amina accepta et permit à Halima de retourner chez elle avec Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). 1



Quelques mois après son retour dans la tribu de S’ad, deux anges s’emparèrent de Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), lui ouvrirent la poitrine et en extirpèrent une petite masse noire. Ils nettoyèrent ensuite son cœur à fond et cicatrisèrent la plaie après l’avoir remis en place. 1


Plus tard, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) ayant grandi, il passait ses journées à garder les moutons avec ses frères de lait dans l’infinie étendue désertique, loin des prétentions, de l’hypocrisie et de l’arrogance de la ville, où ses pensées devinrent aussi claires et pures que l’air du désert. Sa vie ressemblait à la simplicité du désert et il apprit à supporter les difficultés et les
dangers inhérents à cet endroit. Vivant parmi les gens de Bani S’ad, ses oreilles s’accoutumèrent à la rhétorique et à l’éloquence de la
langue pure et classique des bédouins. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) disait souvent à ses compagnons :
« Je suis le plus arabe d’entre vous, car je viens de Qouraish et j’ai été allaité dans la tribu de Bani S’ad bin Bakr. ». 2




LA MORT D’AMINA ET D’ABDOUL MOUTTALIB

Quand le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait six ans, sa mère l’amena avec elle à Yathrib où elle allait rendre
visite à son père. Elle voulait également y visiter la tombe de son défunt mari. 3 C’est sur le chemin du retour, alors qu’elle revenait à la Mecque, qu’Amina mourut dans un endroit nommé Abwa. 4 Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) se sentit très seul et très chagriné suite à ce départ soudain de sa mère. Des incidents comme celui-là, il en avait vécu plus d’un depuis sa naissance
Peut-être s’agissait-il là d’une intervention divine afin qu’il soit élevé d’une manière qui le prédisposerait au grand rôle qu’il allait avoir à jouer dans le futur. Finalement, une esclave abyssinienne, Oumm Ayman Barakah, le ramena chez son grand-père, à la Mecque. ‘Abdoul Mouttalib aimait tendrement son petit-fils ; il tenait à lui comme à la prunelle de ses yeux et ne lui permettait jamais de s’éloigner de lui. Il le faisait asseoir sur son lit, à l’ombre de la Ka’ba, et l’embrassait pour lui démontrer son affection.



Lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait huit ans, ‘Abdoul Mouttalib mourut à son tour. 1 Du jour au lendemain, Il se retrouva seul et abandonné. Il n’avait jamais connu son père et ne gardait donc aucun souvenir de lui ; mais la mort de son grand-père qu’il aimait tant lui fut réellement pénible.

ABOU TALIB DEVIENT SON TUTEUR

Après la mort d’Abdoul Mouttalib, c’est Abou Talib qui eut la garde de Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), car le père de ce dernier, ‘Abdoullah, et lui étaient frères (de la même mère). Abdoul Mouttalib avait d’ailleurs insisté pour qu’Abou Talib prenne
soin du petit. C’est ce que fit Abou Talib et il le traita même avec plus de soin et d’affection que ses propres fils, ‘Ali Jafar et ‘Aqil. 2



Une fois, lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait neuf ans, Abou Talib faisait ses préparatifs dans
l’intention de participer à une caravane commerciale qui allait en Syrie. Sachant cela, Mohammed s’approcha de son oncle et, se
blottissant contre lui, insista pour l’accompagner dans son voyage. Ému de ce signe d’affection, Abou Talib accepta de l’amener avec lui en Syrie. Lorsque la caravane atteignit Bousra, en Syrie, elle y fit un court séjour et pendant qu’ils étaient là, ils rencontrèrent un moine nommé Bouhaira qui vivait en réclusion. Allant pour une fois à l’encontre de ses habitudes, il sortit à la rencontre des marchands et
organisa pour eux un grand festin. Ces derniers crurent qu’ils s’étaient attiré les bonnes grâces de Bouhaira, mais en réalité, il
n’était sorti de sa cellule que parce qu’il y avait eu une vision avant l’arrivée de la caravane. Lorsqu’il vit Mohammed (paix et bénédictions
d’Allah soient sur lui), il vit en lui les signes de la prophétie, qu’il connaissait, et conseilla à Abou Talib : « Retourne chez toi avec
ce jeune garçon et protège-le contre les juifs. Une gloire immense attend ton neveu. ». Alors sur les conseils de Bouhaira, Abou Talib
ramena immédiatement son neveu à la Mecque.



TUTELLE DIVINE

Allah ayant déjà tracé le destin du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), Il l’avait pourvu de sagesse et de grandeur d’esprit, et Il faisait en sorte qu’il ne soit jamais associé aux péchés et aux vices des païens qui l’entouraient. Dès sa tendre enfance, le jeune homme réservé et modeste était connu pour son naturel aimable et pour la pureté de son mode de vie, de même que pour sa candeur, son honnêteté, son intégrité et son sens aigu du devoir. La voie qu’il suivait était droite et nul n’aurait pu lui reprocher la moindre faute. Dans sa jeunesse, son caractère loyal et sa conduite honorable lui avaient valu, de la part de ses concitoyens, le titre de Al-Amin, qui signifie « l’intègre».1


La plupart des jeunes hommes de la Mecque menaient une vie dissipée qui jamais ne leur valait aucun blâme. Mais Allah aida Son Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) à se détacher des plaisirs de la vie familiers aux gens de la Mecque. Il était donc, contrairement à la majorité, non seulement aimable envers ses proches parents, mais il faisait également tout en son pouvoir pour alléger les souffrances d’autrui et il diminuait ses dépenses ou se privait carrément de ses biens pour aider ceux qui étaient dans le besoin. De plus, il recevait régulièrement des invités, était toujours disposé à aider quiconque avait un devoir noble et vertueux à accomplir 2 et préférait gagner sa vie en travaillant dur même si cela signifiait mener une vie simple, à la limite de l’austérité.


Lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avai quatorze ou quinze ans, la guerre de sacrilège, connue sous le nom de Harb-oul-Fijar, éclata entre Qouraish et la tribu de Qays. Le Messager était présent lors de ces confrontations ; il ramassait les flèches lancées par les ennemis et les donnait aux combattants de Qouraish. Ce fut là sa première expérience militaire. 3

Maintenant que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait atteint l’âge de raison, sa première préoccupation était de se trouver un moyen de subsistance. Comme beaucoup d’autres jeunes de son âge, il décida de garder les troupeaux de moutons et de chèvres. À cette époque, cela n’était pas considéré comme un travail indigne ; au contraire, on croyait qu’il rendait les gens attentifs, alertes et rapides, gentils et prévenants, en plus de leur offrir la chance d’être libres, de respirer le grand air et de renforcer le caractère et le
physique par la confrontation aux vastes étendues de sable. De plus, cette occupation avait été l’usage de tous les prophètes qui l’avaient
précédé, ce qui était conforme à sa future mission prophétique et qui l’augurait, en quelque sorte. Plus tard, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait pour habitude de dire : « Il n’y a pas un prophète qui n’ait gardé des troupeaux. ». Quand, une fois, quelqu’un lui demanda s’il avait déjà été berger, il répondit : " Oui, je l’ai été. ».



Le Prophète, cependant, n’était point novice dans ce domaine car plus jeune, il avait souvent accompagné ses frères de lait lorsqu’ils
allaient garder leurs troupeaux. Les narrations rapportées dans les livres de hadiths démontrent que le Prophète (paix et bénédictions
d’Allah soient sur lui) gardait les chèvres sur les collines et dans vallées avoisinantes en échange d’un maigre salaire que lui versaient
les propriétaires des troupeaux.



SON MARIAGE AVEC KHADIJAH

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) épousa Khadijah alors qu’il avait vingt-cinq ans. Khadijah, fille de Khouwaylid, était une femme noble et intelligente ; elle était également riche, et respectée pour ses qualités et son intégrité. Elle était âgée de
quarante ans 1 et veuve d’un dénommé Abou Hala. Après la mort de ce dernier, elle avait pris en main les activités de leur entreprise et,
comme d’autres marchands de la Mecque, elle embauchait des hommes pour transporter ses marchandises à l’extérieur du pays, leur entente étant basée sur un système de participation aux bénéfices. Khadijah avait su reconnaître, chez Mohammed, la sincérité, la loyauté et le caractère honorable. Par ailleurs, elle avait également entendu parler des nétranges événements qui s’étaient produits lorsqu’il avait transporté ses marchandises en Syrie. Bien qu’elle eût repoussé plusieurs offres de mariage venant d’éminents chefs de Qouraish, elle fit connaître son désir d’épouser Mohammed. Hamza, un oncle de ce dernier, lui transmis le message ; il accepta immédiatement. Abou Talib présida la cérémonie du mariage et le Messager, uni à Khadijah, commença sa vie d’homme marié. Toute la progéniture de Mohammed (sauf Ibrahim, mort dans sa tendre enfance) naquit de cette union avec Khadijah. 1



LA RECONSTRUCTION DE LA KA’BA

Au cours de sa trente-cinquième année, le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) eut à prendre une importante décision visant à résoudre un conflit qui menaçait de plonger Qouraish dans une autre guerre de sacrilège. Les gens de Qouraish avaient décidé de
reconstruire la Ka’ba et de lui ajouter un toit car à l’époque, elle n’était faite que de pierres branlantes et ses murs dépassaient à peine
la taille d’un homme. Elle fut donc démolie et les travaux de reconstruction furent entrepris ; mais lorsque, en cours de construction, vint le moment de remettre la Pierre Noire à sa place, on se demanda qui devait le faire. Chaque tribu réclama cet honneur, si bien qu’elles furent bientôt sur le point de se déclarer la guerre. Les motifs qui avaient mené aux guerres d’usure dans les premiers temps du paganisme, en Arabie, paraissaient tout à fait insignifiants comparativement à ce grave événement qui relevait de l’honneur des tribus et focalisait l’attention de tout le monde à l’époque.



La tribu d’Abdoul Dar apporta un bol rempli de sang ; puis, avec la tribu de ‘Adiy, ils s’engagèrent à se combattre jusqu’à la mort en plongeant leurs mains dans le sang. Ce conflit menaçait de devenir la source d’un combat acharné qui aurait pu s’étendre à toute l’Arabie comme c’était le cas des guerres qu’ils se livraient de façon régulière. Le dilemme se poursuivit durant quelques jours, jusqu’au moment où ils convinrent d’une solution : que le premier homme qui allait franchir la porte du sanctuaire allait servir d’arbitre dans cette affaire. Et voilà que le premier homme à franchir cette porte n’était nul autre que le Messager d’Allah. « Voici Mohammed », dirent-ils dès qu’ils le virent entrer. Puis ils ajoutèrent : « Il est digne de confiance ; nous respecterons sa décision. ».

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) leur demanda d’apporter un grand drap ; il prit la Pierre Noire, la déposa sur le tissu et demanda à un représentant de chaque tribu de prendre un coin du drap ; et tous ensemble, ils le soulevèrent et le portèrent tout près de l’emplacement que devait occuper la pierre. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) mit alors lui-même la pierre à
sa place et la construction du bâtiment put enfin être achevée. 1


La sagesse dont fit montre le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) en cette occasion et qui évita à Qouraish d’avoir à se
mesurer aux autres tribus illustre de façon saisissante son solide jugement et l’éclat de son génie. La perspicacité du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) démontrait comment les effusions de sang peuvent être annonciatrices de la paix. Cet incident portait en lui une préfiguration de la prudence du Messager, de son caractère réfléchi, de son tempérament calme, de son côté amical et altruiste,
ainsi que de la profondeur de ses enseignements. Bref, toutes les vertus essentielles de celui qui allait devenir « une miséricorde pour
l’humanité ». Avec ces qualités et en étant pour eux un prophète miséricordieux, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur
lui) a transformé un peuple indiscipliné, cruel et querelleur en une communauté étroitement liée.



HILFOUL FOUDOUL

C’est au cours de cette période que la tribu de Qouraish conclut un des traités les plus nobles de son histoire, dans lequel le Prophète (paix
et bénédictions d’Allah soient sur lui) joua un rôle important. Un homme de la ville de Zabid, au Yémen, vint à la Mecque pour tenter d’y
vendre sa marchandise. Un des chefs de clan de Qouraish, Al-As bin ayel, lui acheta toute sa marchandise, mais ne lui paya rien en
retour. Dans l’espoir de récupérer son argent, l’homme alla voir plusieurs dirigeants de Qouraish mais aucun ne consentit à confronter
Al-As bin Wayel. Se voyant ainsi rejeté, il se résolut à demander de l’aide aux gens de la Mecque, implorant chaque jeune homme qui lui
semblait juste et courageux de venir à son secours. Finalement, plusieurs d’entre eux, se sentant fort embarrassés par cette affaire,
se rassemblèrent dans la maison d’Abdallah bin Jad’an où ils conclurent un traité, au nom d’Allah, pour la répression des actes illégaux et la restauration de la justice envers les faibles et les opprimés de la Mecque. Le traité fut nommé Hilfoul Foudoul et aussitôt conclu, ses membres allèrent voir Al-As bin Wayel et le forcèrent à rendre sa marchandise à l’homme de Zabid. 1


Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait été l’un des principaux auteurs de ce traité et par la suite, il n’avait jamais
raté une occasion d’exprimer sa satisfaction par rapport à son application. Une fois, il dit : « J’ai joué un rôle dans ce règlement,
chez ‘Abdullah bin Jad’an. Et si on me demandait à nouveau d’apporter mon aide dans une affaire semblable, même après la venue de l’islam, je le ferais sans hésiter. » Par ce traité, ils avaient conclu de restituer à chacun ce qui lui revient de droit et de protéger les
faibles de l’exploitation et de la manipulation des oppresseurs.


UNE MYSTÉRIEUSE AGITATION

Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) était maintenant à l’aube de sa quarantième année. Il ressentait, au fond de lui-même, une étrange agitation qu’il ne parvenait pas à comprendre. Il ne savait comment interpréter ce sentiment mystérieux qui l’étreignait et il était à mille lieues de se douter qu’Allah était sur le point de l’honorer en faisant descendre sur lui la révélation et la prophétie. Le Coran en fait mention dans le verset suivant :


« Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un esprit (le Coran) provenant de Notre ordre. Tu n’avais aucune connaissance du Livre ni de la foi ; mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et en vérité, tu guides vers un chemin droit. » (Coran, 42:52)


Dans un autre verset, le Coran mentionne que le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) n’avait aucune idée de ce qui lui
arrivait :


« Tu n’espérais nullement que le Livre te serait révélé. Ceci n’a été que par une miséricorde de ton Seigneur. Ne sois donc jamais un soutien pour les infidèles. » (Coran, 28:86)


Allah, le Très-Sage et l’Omniscient, avait décidé que Son Messager ne saurait ni lire ni écrire. Ainsi, jamais ses contemporains ne pourraient
l’accuser d’inventer et d’écrire lui-même les révélations divines. Le Coran dit :


« Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n’en écrivais aucun de ta main droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes. » (Coran, 29:48)

C’est pourquoi le Coran l’appelle « le Prophète illettré » :

« Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Torah et l’Évangile – il leur ordonne le convenable et leur interdit le blâmable… » (Coran, 7:157)



1. Ibn Hisham, Vol. I, p. 108

2. Ibid, p. 110

3. Ibid, p. 158

4. Un illustre astronome, Mahmoud Pasha, d’Égypte, a calculé la date de naissance et l’a située le lundi, 9ème jour de Rabi-oul-Awwal dans l’année de l’Éléphant qui correspondait, sur le calendrier grégorien, au 20 avril de l’an 571 après J.-C.. Il existe donc une incertitude quant à la date réelle.

1. Ibn Hisham, Vol. I, pp. 1-2

2. Ibn Kathir, Vol. I, p. 210, Ibn Hisham, Vol. 1, p. 158

1. Cette intéressante histoire, racontée par Halima, a été rapportée par Ibn Hisham. Voir vol. 1,pp. 162-166

1. Le compte rendu détaillé de cette histoire se trouve dans plusieurs biographies du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).
L’Imam Mouslim relate l’incident, qui a été rapporté par Anas bin Malik sous le titre « L’ascension du Prophète », dans Kitab-oul-Iman.


2. Ibn Hisham, Vol. I, 167

3.Plus tard, le Prophète avait pour habitude de relater certains incidents s’étant produits au cours de ce voyage avec sa mère. Après sa migration à Médine, lorsque le Messager vit une maison de Bani Najjar, il dit que sa mère y avait séjourné et que le puits, à cet endroit, était rempli de résidus de céréales. (Sharh al-Mawahib oul-Ladounniya, Vol. I, pp. 167-

4. Cet endroit est près de Mastoura, à mi-chemin entre la Mecque et Médine.

1. Ibn Hisham, Vol. I, pp. 168-9

2. Ibn Hisham, Vol. I, p. 179

1. Ibn Hisham, Vol. I, p. 183

2. Khadijah, la femme du Prophète, lui rappela toutes ces qualités lorsqu’elle le trouva confus et désemparé après qu’il eût reçu la première révélation.

3. Ibn Hisham, Vol. I, 186

1. Ibn Hisham, Vol. I, pp. 189-90

1. Ibn Hisham, Vol. I, p.190.

1. Ibn Hisham, Vol. I, pp. 192-197

1. Ibn Hisham, Vol. I, pp. 257-59

Abul hasan ‘Ali Nadwi

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